Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:47

 

Après le déluge de concerts de juin et juillet, quelques semaines de calme et de silence en août n'étaient pas de trop pour se ressourcer et recharger les batteries avant le marathon de septembre. Et pour reprendre les choses sérieuses de bon pied, j'avais opté pour cette dernière semaine du mois d'août d'alterner les concerts et les musées, ce qui n'a pas été de tout repos comme nous allons le voir.

 

Tout d'abord en préambule, je dois malheureusement signaler à tous que la tournée de Brandi Carlile à l'automne a été annulée en raison des grosses pertes financières engendrées par le volcan islandais au printemps dernier. Elle a écrit un mot d'explication et exprimé son infinie tristesse de ne pouvoir honorer sa tournée. Qu'importe, je serai là quand elle sera de retour en Europe.

 

Dimanche 22 août. Le Nouveau Casino à Paris. Ayant tiré leçon de mon dernier concert au nouveau casino dans le quartier très coloré d'Oberkampf, je décidais d'arriver de bonne heure pour avoir une bonne place en vue du concert d'Au Revoir Simone. Comme son nom ne l'indique pas, Au Revoir Simone est un groupe américain venant de Brooklyn plus précisément. Il est composé de 3 jeunes demoiselles partageant les vocaux et jouant toutes aux claviers. Durant mon attente devant la salle de concert, je les voyais s'affairer devant moi car elles étaient occupées à réaliser des séances photos avec plusieurs photographes. Je tiens à préciser que je ne connaissais presque rien du groupe, j'avais à peine écouté quelques chansons et vu quelques vidéos sur Youtube mais je me projetais vers l'inconnu comme cela se produit de plus en plus souvent en ce moment.

 

 

 

 

http://farm5.static.flickr.com/4101/4931501717_578b837775_b.jpg

Heather d'Au Revoir Simone

 

 

 

http://farm5.static.flickr.com/4100/4932089622_4ca78805dc_b.jpg

Erika d'Au Revoir Simone


 

http://farm5.static.flickr.com/4121/4932114224_3742e152d6_b.jpg

 

Une fois entré dans la salle, j'occupais la place au premier rang que je désirais. Le groupe français Karaocake a ouvert la soirée (ou plutôt la fin d'après midi car le concert avait été avancé d'une heure et demie cela pour faciliter le transfert le lendemain vers un festival en Belgique). C'est dans une ambiance assez froide pour la circonstance que le trio a ouvert les débats. Le groupe a bien exécuté ses chansons même si je sentais en eux une certaine appréhension de jouer devant tant de monde mais ils s'en sont sortis avec les honneurs. J'ai particulièrement aimé le bassiste qui nous sortait fréquemment des lignes précises et efficaces.

Place à Au Revoir Simone. Les trois New Yorkaises forment un groupe très soudé, en jouant à trois de front avec les claviers alignés. C'est alors difficile de discerner un leader parmi elles. Les Au Revoir Simone jouent ce que j'appellerai de la dream pop électronique. Les trois vocalistes ont appris à marier leurs voix angéliques par semble t-il des années de tournées aux Etats-Unis, en Europe et même au Japon. J'ignorais tout du titre des chansons mais je voyais tout le monde dans l'assistance écouter le groupe passionnément, preuve que j'étais bien le seul à ne pas connaître le groupe avant ! Les chansons, souvent des balades à la mélodie tranquille, étaient agréables à écouter avec des chanteuses qui semblaient très contentes d'être de retour à Paris. Elles parlaient fréquemment avec le public, proposant au passage une adorable petite blague pour anglophones . Les chansons s'égrenaient de façon fluide comme un délicieux nappage de chocolat fondu et qui à la fin du concert a laissé tout le monde rêveur devant tant de talent et de facilité. Je pense que ce groupe est promis à des horizons encore plus brillants car elles en ont largement le potentiel.

 

 

 


 

 

 

 

 

Le lendemain, je commençais le cycle de visites de musées en commençant par le plus imposant, le musée du Louvre. En arrivant vers 10h30, j'ai aperçu la (très) longue file d'attente devant la pyramide, c'est alors que j'ai promptement décidé d'entrer par la Porte des Lions que tout le monde semble ignorer mais qui pourtant permet d'entrer dans le musée sans délai. J'étais stupéfait du monde présent le jour de ma visite, ceux qui ne sont pas préparés à affronter une telle foule ne devraient pas s'aventurer dans ce musée. J'ai pour ma part révisé les grands classiques, la Joconde (assez difficile d'accès comme prévu), la Victoire de Samothrace, La dentellière, le scribe accroupi et bien d'autres encore. Pourtant, c'est bel et bien les tableaux peints par les anglais Thomas et Gainsborough qui ont attiré le plus mon regard. Et c'est bien de regard dont il s'agit car mes tableaux favoris sont les portraits où les personnes décrites fixent intensément le curieux touriste qui n'y connait rien.

 

http://farm5.static.flickr.com/4123/4935612924_7ec43ae886_b.jpg

 

Après toutes ses heures à déambuler dans le Louvre, je me suis dirigé vers la Fnac des Champs Elysées pour la séance d'autographes donnée par Yannick Noah à l'occasion de la sortie de nouvel album "Frontières". En arrivant, il y avait encore une fois une très longue file d'attente qui témoigne de l'immense popularité dont bénéficie l'ancien champion de tennis. Il y avait beaucoup d'électricité dans l'air et aussi beaucoup de photographes. Quand Noah est arrivé, tous les flashs crépitaient et les gens se pressaient pour voir la star. Je me suis moi-même pris au jeu et je me suis mêlé aux autres photographes : ce fut en quelque sorte ma première expérience en tant que paparazzi, un rêve devenu réalité... C'est ironique bien sûr mais malgré tout j'ai mitraillé comme il se devait. Yannick Noah s'est prêté avec bon cœur à cette séance en posant en photo avec les plus jeunes fans (voire très jeunes) aux moins jeunes.

 http://farm5.static.flickr.com/4075/4935698738_fc46c02389_b.jpg

 

 

Le lendemain, j'ai visité le musée Rodin où j'ai pu découvrir l'œuvre impressionnante de cet artiste d'exception. Le Penseur est bien sûr incontournable avec cette position si connue et l'impression massive du corps de cet homme qui semble supporter tout le poids de ses pensées interminables. Le cadre en lui-même est magnifique avec ces jardins remplis de jolies fleurs qui donnent cette sensation de tranquillité en plein Paris.

 http://farm5.static.flickr.com/4074/4935048527_ec38eb4555_b.jpg

Le Penseur de Rodin

 

 

Le soir, je me rendais encore une fois au Réservoir qui est sans conteste l'unes de mes salles de concerts favorites. Je retiendrais notamment le groupe, les Wankin' Noodles, avec son chanteur excentrique et qui devait faire deux fois ma taille. Blague à part, ils ont donné une leçon de rock n' roll comme je n'en avais plus vue depuis longtemps. Je pensais presque que ce genre de musique avait disparu mais ce soir-là, les Noodles ont véritablement enflammé le Réservoir, tout le monde dansait, personne ne pouvait rester en place (excepté votre serviteur préposé à la photographie !).

 http://farm5.static.flickr.com/4138/4932624576_e5a9db08db_b.jpg

the Wankin' Noodles

 

 

Mercredi 25 août. Je suis allé au musée des arts et métiers et j'ai été assez frappé de toutes les évolutions techniques qui se sont produites depuis que l'homme a commencé à produire des machines à vapeur, des télégraphes, des voitures et de voir jusqu'où il est arrivé aujourd'hui avec les iPads, les fusées spatiales.... Finalement, ce qui se passait il y a deux siècles avec la révolution industrielle est tout à fait comparable avec notre époque : l'homme trouve de nouveaux concepts, il les expérimente, les déploie à grande échelle et les perfectionne. On ne sait pas où les limites donc il continue à chercher avec tous les bons et les mauvais côtés qui vont avec.

Le soir, j'ai retrouvé deux groupes que j'avais vus il y a un mois au Réservoir lors de la même soirée. Il s'agissait en effet de June Lullaby et Mat Hilde. Visiblement les deux groupes s'entendent bien et ont choisi de se produire à l'Espace B. June Lullaby a débuté en nous offrant cette musique si intrigante et si riche en mélodies. Je suis vraiment content de les connaître car ils créent vraiment un monde musical particulier et maîtrisent bien leur prestation scénique.

Mat Hilde a suivi avec sa douce voix. Elle a eu à faire avec quelques difficultés techniques, notamment au niveau de son violon, mais qu'importe, elle a décidément une voix irrésistible et des compositions qui tiennent bien la route, comme ma favorite If Only. Mat Hilde a une démarche tranquille sur scène, je la trouve presque trop gentille en fait, un peu plus de présence ou de charisme et cela serait parfait. Mais musicalement il n'y a rien à dire, elle a beaucoup de talent.

 http://farm5.static.flickr.com/4122/4932875451_ca84546180_b.jpg

June Lullaby

 

http://farm5.static.flickr.com/4073/4932915799_d21e6105fe_b.jpg

Mat Hilde

 

 

Jeudi 26 août. C'était le premier grand rendez-vous de cette 2ème moitié de saison avec le concert de LIGHTS au Monto Water Rats à Londres. Après sa fantastique performance en mai dernier au Borderline, j'attendais avec une certaine impatience de revoir la superbe chanteuse canadienne et ce concert a tenu toutes ses promesses. Une fois effectuée une courte visite au British Museum pour meubler l'après midi, l'attente au Monto Water Rats s'est faîte sous une pluie battante mais j'ai la chance d'être sous un petit rebord pour éviter à mon matériel photo de prendre complètement l'eau. Je n'avais jamais vu cette petite salle si remplie, tellement que les organisateurs avaient du mal à faire rentrer tout le monde.

 http://farm5.static.flickr.com/4075/4933045145_f33cda5cae_b.jpg

LIGHTS

 

 

C'est devant un premier rang composé de fans hardcore que LIGHTS a pris la scène avec son incroyable énergie et son éternel sourire. LIGHTS joue un peu comme Au Revoir Simone de l'électro pop mais plus énergique, plus galactique. Plus en forme que jamais, elle a interprété toutes ses chansons phares comme Saviour, Lions! et surtout le splendide Second Go. Cela fait plaisir de voir une artiste qui se donne à fond sur scène, cela se voyait clairement qu'elle était heureuse de jouer ce soir là. Alternant entre son clavier et sa keytar, LIGHTS a montré l'étendue de son talent avec une prestation enthousiasmante et sans faille. En guise de surprise, elle a même pris sa guitare acoustique pour jouer une nouvelle composition. Le concert s'est passé à la vitesse de la lumière et tout le monde aurait bien voulu que cela se prolonge.

 

 http://farm5.static.flickr.com/4078/4932978013_4a405b7106_b.jpg

 

 

Une fois le concert achevé, une bonne partie du public est resté pour rencontrer LIGHTS. En effet, celle-ci est très proche de ses fans et apprécie tout particulièrement ces moments. Je suis reparti dans mon mode paparazzi au début en prenant un certain nombre de clichés montrant à quel point LIGHTS est vraiment sincère et attentionnée avec ses fans. J'ai ainsi laissé volontairement tout le monde passer pour pouvoir la rencontrer parmi les derniers. Quand vint mon tour de la rencontrer, j'ai été absolument stupéfait qu'elle m'ait reconnu. Elle m'a pris dans ses bras pour me remercier d'être revenu exprès de France pour la voir. Pour vous remettre dans le contexte, je lui avais parlé pendant à peine deux minutes à la fin mai et elle rencontre beaucoup de personnes. Je trouve cela donc vraiment remarquable qu'elle se souvienne non seulement de moi mais aussi de tous les autres. je l'ai remerciée pour son magnifique concert et je lui ai mentionné la petite vidéo qu'elle avait posté dans laquelle on la voyait en mission humanitaire aux Philippines. Cela m'avait profondément touché de voir une artiste qui s'implique, qui s'engage autant et donc cela me tenait vraiment à cœur de lui à quel point je l'admirais pour sa générosité. C'est alors que LIGHTS s'est assise sur le bord de la table et qu'elle m'a parlé vraiment sérieusement à ce sujet, c'était visiblement une expérience marquante et qui l'a fait relativiser certaines choses comme le monde de la musique avec les paillettes et tout ce qui va autour. Pour ma part, j'étais vraiment ému devant tant de gentillesse et d'attention. J'ajoutais qu'on avait tendance à oublier à quel point on était chanceux d'avoir un toit au-dessus de la tête, de ne pas vivre dans le besoin et que son exemple me rendait plus humble. LIGHTS semblait très contente que son travail signifie quelque chose pour quelqu'un. Pour clore la rencontre, je lui demandais si je pouvais avoir une petite photo et elle s'est souvenu que je savais bien prendre les photos d'autoportrait

Dans ce monde de plus en plus égoïste, je désespérais de revoir quelqu'un qui reste sincère et LIGHTS (c'est son vrai prénom) est peut-être la personne la plus adorable que ce monde ait vue. Tout simplement incroyablement adorable. C'est facilement l'artiste qui m'inspire le plus en ce moment, non seulement musicalement mais aussi humainement. Cela restera un moment inoubliable car peu de gens m'ont marqué comme LIGHTS l'a fait. J'espère qu'elle viendra prochainement en France, je suis assez persuadé que j'essaierai de la voir plus qu'un seul concert lors de sa prochaine tournée européenne. Merci LIGHTS !

 http://farm5.static.flickr.com/4102/4933109223_c80cd90f19_b.jpg

Lights au téléphone avec une fan

 

 

Retour à Paris dès le lendemain matin. Je sentais la fatigue s'accumuler et décidais de suspendre mes visites de musée (qui reprendront fin septembre). Direction l'Abracadabar pour le concert de Peace of Junk, groupe que j'avais vu au Réservoir en même temps que June Lullaby et Mat Hilde, le monde est petit décidément ! J'avais bien aimé la fraîcheur dans les mélodies et leur énergie donc je voulais les revoir. Ils évoluaient ce soir là en formation réduite. Malgré quelques problèmes de balance de sons, j'ai apprécié leur set, je me souvenais même de quelques chansons qu'ils avaient chantées au Réservoir.

 http://farm5.static.flickr.com/4117/4934194750_c0beded843_b.jpg

Peace of junk

 

 

 

Je ne me sentais pas forcément à l'aise pour photographier le groupe même si l'endroit était assez réduit car je craignais pour mon matériel photo que je quittais de temps à autre pour me déplacer dans la salle. Par le passé, j'ai déjà subi de la casse matériel (ce qui était entièrement ma faute) mais jamais encore de vol. C'est déjà assez ardu de photographier en alternant entre deux objectifs mais ça l'est encore plus quand il faut filmer en même temps avec un autre appareil photo posé sur un trépied. Il serait très profitable d'avoir un assistant qui s'occupe de la vidéo... Par contre, le matériel utilisé a largement relevé le challenge et le duo reflex Canon 500d / Panasonic TZ7 pour les vidéos a fonctionné à merveille. Longue autonomie, grand zoom pour les deux appareils, le seul problème est le poids et l'encombrement qui ne sont pas un gros problème pour les concerts parisiens mais dont il faut tenir compte en déplacement.

Cette dernière semaine d'août a été très dense et préfigure ce que sera le mois de septembre car le tempo sera tout aussi soutenu. Globalement, je suis assez satisfait de mon travail, je maîtrise de mieux en mieux mon matériel. Je suppose que la prochaine étape serait d'obtenir des accréditations pour pouvoir photographier dans des salles plus prestigieuses. Mais chaque chose en son temps, il faut continuer à travailler et progresser.

Musicalement, je dirais qu'en élargissant mon champ d'investigation, j'ai écouté beaucoup plus de groupes différents, en revanche, j'ai moins de temps pour écouter en profondeur les morceaux et donc ma connaissance des groupes que je photographie est assez superficielle sinon quasi nulle quand j'arrive dans la salle. En conséquence, les groupes que je revois une deuxième fois deviennent plus rares car ils ont dû vraiment m'impressionner lors du premier passage. Pour traduire, il s'agit tout simplement de la société de consommation, un groupe peut être en vogue pendant une ou deux années puis d'autres prennent le relais et seuls les grands noms subsistent sur la durée.


 

Partager cet article

Repost 0
Published by Haruo Kakinoki - dans concerts
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : La musique de nos vies
  • La musique de nos vies
  • : Je m'appelle Haruo Kakinoki. Je suis un passionné de musique folk et rock, de voyages et de photographie, tellement que j'ai l'habitude de faire les trois en même temps. "La musique de nos vies", c'est tout cela, raconter les expériences musicales vécues à Paris, à Londres ou n'importe où la musique me conduira. http://www.facebook.com/pages/La-musique-de-nos-vies/162553580463879
  • Contact

Recherche

Archives

Pages

Catégories

Liens